DZ Mafia démantelée : 42 interpellations dans le sud de la France

Marseille, 4h du matin
Les portes volent en éclats. Une vingtaine de perquisitions simultanées. Des suspects tirés du lit, hagards sous les lampes torches. "On les attendait depuis des mois", lâche un brigadier de la BAC, cigarette au bec.
Les chiffres donnent le vertige : 800 kilos de cannabis saisis, 200 000 euros en liquide, 7 armes de guerre. Et ces 42 mains menottées — un record pour une seule opération dans la région. La DZ Mafia saignée à blanc ? Trop tôt pour le dire. Mais le symbole est là.
Comment travaillait le réseau ?
Pas de petits joueurs. La DZ Mafia contrôlait près de 30% du trafic de cocaïne entre l'Espagne et la Côte d'Azur. Leur force ? Une structure en trois cercles :
- Les "taupes" dans les ports (douaniers corrompus, dockers)
- Les logisticiens (camions, entrepôts fictifs)
- Les parrains, invisibles mais omniprésents
"Leur erreur ? Avoir trop cru à leur invincibilité", analyse le procureur Delacroix. Des écoutes ont révélé leur arrogance — et leur négligence. Des discussions cryptées ? Oui, mais sur des applications grand public. Des comptes en banque ? Ouverts au nom de prête-noms transparents.
Et pourtant. Ils tenient depuis huit ans.
Pourquoi le sud-est ?
La géographie explique tout.
- 300 km de côtes poreuses
- 15 ports de commerce non surveillés
- 3 autoroutes vers le nord de l'Europe
Ajoutez à cela des cités transformées en supermarchés de la drogue. À Marseille, dans certains quartiers, on trouvait de la cocaïne plus facilement que du pain. Les clients ? Pas que des toxicos. Cadres stressés, étudiants en examen, routiers — une clientèle qui paie cash et ne pose pas de questions.
Ce qui change aujourd'hui
Première conséquence : la guerre des gangs va s'intensifier. La DZ Mafia laisse un vide. D'autres voudront le combler. Déjà, nos sources signalent des mouvements suspects dans l'est marseillais.
Deuxième effet : un coup politique. Le ministre de l'Intérieur pourra brandir ces 42 interpellations comme preuve d'efficacité. Mais les magistrats savent que le vrai travail commence maintenant.
Car derrière ces petits poissons, il y a les requins. Ceux qui blanchissent l'argent à Dubaï. Ceux qui achètent les cargaisons en Colombie. Ceux qui corrompent les élus locaux.
La traque continue.
Par la rédaction de Le Dossier


