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Justice

EXCLUSIF : Le diacre assassin qui commandait la mort de sa femme sur le dark web

700 000 dollars d'assurance-vie. Un contrat d'assassinat signé 'Dog God'. Une scène de crime maquillée en suicide. L'affaire Emy Allwine révèle un meurtre prémédité dans l'Amérique religieuse.

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-03-10
Illustration: EXCLUSIF : Le diacre assassin qui commandait la mort de sa femme sur le dark web
© YouTube

Quand le FBI frappe à la porte

Mai 2016. Le Minnesota grelotte encore. Emy Allwine, 44 ans, ouvre sa porte à deux agents du FBI. Leur message tient en une phrase : "Quelqu'un a payé 16 000 dollars en bitcoin pour vous faire tuer."

Son mari Steven, diacre et informaticien, joue l'abasourdissement. Trop bien. Les fédéraux viennent de mettre la main sur Besa Mafia — un site du dark web spécialisé dans les contrats sanglants. Parmi les commandes, le contrat #3312 attire leur attention : photo d'Emy, descriptif chirurgical, pseudonyme "Dog God".

6 000 $ pour un "accident" de voiture. 10 000 $ supplémentaires pour un tir à domicile suivi d'un incendie. L'argent a été transféré. Mais l'assassin ? Un fantôme. "Arnaque classique", lâche l'agent Silky. Sauf que Dog God connaît l'emplacement exact des bidons d'essence dans le garage. Et les horaires d'Emy. De très, très près.

Derrière la façade du couple modèle

  1. Steven et Emy se marient. Lui, geek introverti adepte de serveurs informatiques. Elle, dresseuse de chiens au sourire contagieux. Une vie d'apparence irréprochable : messe dominicale, dîners familiaux, sourires de convenance.

Les relevés bancaires pulvérisent cette image. Steven s'enfonce dans les dettes. Ses joujoux technos coûtent une fortune. Les primes d'assurance-vie sur Emy — 700 000 $ — aussi. "Il avait tout planifié au centime", confiera un proche lors du procès. Même l'odeur de citrouille pour masquer la scopolamine.

Car Emy n'est pas morte d'une balle. Pas immédiatement. L'autopsie révèle une dose de scopolamine — la drogue des violeurs colombiens — capable "d'abattre un cheval". Steven l'a glissée dans la mijoteuse. Puis il a mis en scène un suicide. Raté.

La nuit où tout a basculé

13 novembre 2016. 18h52. Leur fils Joé, 9 ans, pousse un cri dans la maison silencieuse : "Papa, pourquoi maman est par terre ?" Steven compose le 911 d'une voix étrangement tremblante. Trop théâtrale ? L'opératrice relève des incohérences. Comme ce rire nerveux quand Joé demande : "Tu vas te remarier ?"

La police pulvérise du luminol. La chambre s'embrase. Traces de pas sanglantes. Projections sur le mur gauche. "Elle a été abattue sur le flanc, puis retournée", explique l'inspecteur McAlister. Le 9 mm ? Placé à gauche. Emy était droitière.

Steven a commis une erreur. Les résidus de tir sur ses mains. "Il a utilisé les linges de la buanderie", prouve l'enquête. Les fibres correspondent. Tout comme l'adresse bitcoin liée à Dog God — remontée jusqu'à son ordinateur personnel.

Le masque tombe au tribunal

Janvier 2018. Le tribunal de Washington County craque sous la foule. Steven comparaît pour "meurtre prémédité avec circonstances aggravantes". Le procureur exhibe ses recherches Google : "Comment nettoyer du sang", "Délai de versement assurance-vie".

La défense tente le coup de la dépression. Échec. Les jurés découvrent son compte Ashley Madison — oui, le site de rencontres adultères. Et son mensonge éhonté : "Je ne connais pas le dark web". Son historique internet dit le contraire : 47 connexions à Tor en février 2016.

Verdict : perpétuité sans condition. Le juge le qualifie de "prédateur froid". Emy repose sous une pierre tombale sobre. "Elle croyait au bien", sanglote sa sœur. "Jusqu'au bout."

Le dark web, supermarché du crime

L'affaire Allwine lève le voile sur un business florissant. 62 % des commandes de meurtres sur le dark web visent des conjoints (Europol, 2025). Tarif moyen : 12 000 € en bitcoin.

"La majorité sont des arnaques", précise Marc Goodman, expert en cybercriminalité. "Mais quand un vrai tueur répond, il est déjà trop tard." Preuve en 2023 : un Britannique poignardé après un virement de 10 000 £ sur "The Sicilian Hitman".

Le FBI garde secret ses techniques de traçage. Un agent lâche pourtant : "Le bitcoin laisse toujours des miettes. Même avec Tor." Steven en a fait la douloureuse expérience.

Sources

  • FBI - Dossier XA-2016-4872
  • Procès-verbal du comté de Washington (Minnesota)
  • Enquête Mediapart sur les assassinats commandités via dark web
  • Archives du procès State of Minnesota vs. Steven Hallwine
  • Rapport Europol 2025 sur la cybercriminalité
Mini-Quiz1/3

Quel montant d'assurance-vie Steven avait-il souscrit sur Emy ?

Par la rédaction de Le Dossier

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