Détournements dans la Caisse des grévistes : le président accusé

4 millions d’euros. Une plainte. Des dons détournés. La Caisse de solidarité pour les grévistes, pilier du mouvement contre la réforme des retraites en 2023, est désormais au centre d’un scandale financier. Son président est accusé d’escroquerie et d’abus de confiance aggravé.
Les chiffres qui parlent
Quatre millions cent vingt-trois mille euros. —oui, vous avez bien lu— C’est ce qu’a amassé la Caisse de solidarité entre mars et décembre 2023. Un record pour une caisse de grève.
Les dons affluaient. Les médias en parlaient. Les syndicats applaudissaient.
Mais aujourd’hui, la question est simple : où est passé l’argent ? Selon la plainte déposée le 27 mars 2026 —et consultée par Le Dossier—, « une partie significative des fonds aurait été affectée aux frais de fonctionnement » de l’association. Le président nie. Les relevés bancaires, eux, sont sans appel.
Une plainte qui fait mal
« Escroquerie ». « Abus de confiance aggravé ». Ces mots tombent comme des coups de massue pour les milliers de donateurs.
La Caisse de solidarité était devenue l’icône du mouvement. Née en 2023 pendant les manifestations contre la réforme des retraites, elle distribuait entre 50 et 150 euros par jour aux grévistes.
Tout reposait sur la confiance.
« Les dons devaient intégralement aller aux manifestants », rappelle un ancien bénévole sous couvert d’anonymat. « Pas dans les poches de ceux qui géraient la caisse. »
Le président sous le feu des projecteurs
Une date. Un virement. Une question.
Le 15 novembre 2023, 87 000 euros sont transférés sur un compte personnel. Selon la plainte, ce serait l’un des nombreux détournements.
Le président de l’association —dont Le Dossier a choisi de taire le nom en l’absence de mise en examen— se défend : « Tous les fonds ont été utilisés pour la cause des grévistes. »
Et pourtant. Les enquêteurs ont repéré au moins six virements suspects entre septembre 2023 et février 2024. Total : 289 000 euros. —et ce n’est pas rien—
Les dessous d’un système
Derrière les discours sur la solidarité, une réalité sombre se dessine.
Trois responsables de l’association ont témoigné sous X devant les enquêteurs. Leurs déclarations sont claires : « Le président prenait des décisions unilatérales sur l’utilisation des fonds. »
Un ancien trésorier confie : « On posait des questions. On n’avait jamais de réponses. »
Les statuts de l’association ? Flous. Les comptes ? Opaques. Les procès-verbaux des réunions ? Introuvables.
La chute d’un symbole
La Caisse de solidarité incarnait l’espoir. Elle était le visage de la résistance face à la réforme des retraites.
Aujourd’hui, elle représente autre chose : la lutte contre l’impunité financière.
« Les donateurs méritent la vérité », insiste Maître Dubois, avocat des plaignants. « Quatre millions, ce n’est pas de la petite monnaie. »
La justice tranchera. Mais une chose est déjà certaine : la confiance est brisée.
Sources
- Plainte pour escroquerie et abus de confiance aggravé déposée le 27 mars 2026
- Dossier Mediapart du 28 mars 2026
- Relevés bancaires de la Caisse de solidarité pour les grévistes
- Auditions des membres de l’association par la Brigade financière
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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