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Cuba sous blocus : l'asphyxie organisée par les États-Unis

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-03-22
Illustration: Cuba sous blocus : l'asphyxie organisée par les États-Unis
© YouTube

Le blocus américain : une arme de destruction massive

Le dernier pétrolier à avoir touché le sol cubain ? Le 3 décembre 2022. Depuis, l'île suffoque. "C'est du jamais vu", témoigne Axel Nodino, journaliste sur place. Les Cubains âgés — ceux qui ont connu les pires années du blocus — sont unanimes : la situation actuelle est pire que la "période spéciale" des années 90, suivant l'effondrement de l'URSS.

Les États-Unis ont déployé une flotte de navires autour de Cuba. Objectif : empêcher tout approvisionnement. Le pétrolier russe attendu en mars 2023 ? Peu de chances qu'il arrive à bon port. "Les rues sont noires, les scooters roulent sans moteur, les hôpitaux sont plongés dans le noir", décrit Nodino.

Les chiffres parlent d'eux-mêmes. En 2018, Cuba accueillait 4,7 millions de touristes. En 2025, ce chiffre est tombé à moins de 2 millions. Air France cessera ses vols fin mars 2023. Raison officielle : pas assez de kérosène. Les conséquences économiques sont catastrophiques.

Les hôpitaux cubains : un désastre humanitaire

Les opérations chirurgicales sont reportées. Les greffes annulées. Les femmes faisant des fausses couches ne peuvent être opérées. "Le secteur de la santé est dramatique", affirme Nodino. Le blocus américain interdit l'importation de médicaments et de matériel médical.

Les coupures d'électricité aggravent la situation. La chaîne du froid est brisée, rendant difficile la conservation des vaccins et des produits sanguins. Les hôpitaux fonctionnent avec des groupes électrogènes, souvent insuffisants.

Les écoles, elles aussi, sont touchées. Les enfants suivent leurs cours dans le noir. Les enseignants improvisent, mais les conditions sont dégradées. La crise humanitaire est totale.

Une économie à genoux

Le tourisme, pilier de l'économie cubaine, s'est effondré. Les sanctions américaines ont poussé plus de 250 institutions financières à cesser leurs activités avec Cuba. Les investisseurs étrangers fuient.

Les petites et moyennes entreprises, autorisées récemment, peinent à survivre. Les coupures d'électricité paralysent l'industrie et l'agriculture. Les usines sont à l'arrêt. Les champs sont abandonnés. La production agricole est en forte baisse.

Les Cubains survivent grâce à un système d'entraide. Les voisins partagent leurs ressources. Les médecins bénévoles parcourent les quartiers pour soigner les malades. Mais ces efforts sont insuffisants face à l'ampleur de la crise.

La stratégie américaine : étouffer pour contrôler

"L'objectif est clair : asphyxier Cuba pour le récupérer", explique Miguel Díaz-Canel, président cubain. Donald Trump et ses alliés, comme Marco Rubio, veulent pousser les Cubains à se retourner contre leur gouvernement.

Les réseaux sociaux sont inondés de propagande anticastriste. Les États-Unis espèrent ainsi fragiliser le régime. Mais les Cubains résistent. "On est prêts à lutter jusqu'à la dernière goutte de sang", déclare un dirigeant du Parti communiste cubain.

Les intérêts américains sont avant tout géopolitiques. Cuba, situé à quelques kilomètres des côtes floridiennes, est considéré comme l'arrière-cour des États-Unis. La révolution castriste de 1959 a été un affront. Le blocus, en place depuis 68 ans, vise à rétablir la domination américaine.

La solidarité internationale : une lueur d'espoir

Le 21 mars 2023, le convoi America arrive à Cuba. Composé d'associations, de partis politiques et d'organisations du monde entier, il apporte du matériel médical et un soutien logistique.

Parmi les participants : Jeremy Corbyn, ancien dirigeant du Parti travailliste britannique, et des membres du Parti communiste français. Leur mission : témoigner de la réalité cubaine et organiser une coopération sur le long terme.

L'ONU dénonce régulièrement le blocus américain, contraire au droit international. Mais les sanctions persistent. Les Cubains continuent de résister, déterminés à défendre leur souveraineté.

Combien de temps encore ?

"Le système est à bout de souffle", reconnaît Nodino. Les Cubains endurent des conditions inhumaines. Mais ils refusent de capituler.

La crise actuelle est le résultat d'une politique délibérée. Les États-Unis veulent réduire Cuba à néant. Mais les Cubains, forts de leur histoire et de leur solidarité, continuent de lutter.

Pour combien de temps ? Personne ne le sait. Mais une chose est sûre : tant que le blocus durera, Cuba continuera de souffrir. Et de résister.

Sources

  • Axel Nodino, journaliste à la rubrique Monde
  • ONU
  • Témoignages de responsables politiques et associatifs cubains

Par la rédaction de Le Dossier

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