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Cuba asphyxié par l'embargo américain : la crise explose

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-03-22
Illustration: Cuba asphyxié par l'embargo américain : la crise explose
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Quand l'électricité s'éteint

140 volontaires. 3 tonnes de cargaison. Lundi dernier, l'île entière a basculé dans l'obscurité. La raison ? Depuis janvier, Washington serre la vis : plus un tanker ne peut approcher des côtes cubaines. Marco Rubio, le sénateur américain, en a fait son cheval de bataille. "Il veut la peau du régime", lâche Guy Christophe, ancien diplomate français à La Havane.

Le ministre cubain des Affaires étrangères tonne : "Notre système politique n'est pas négociable." Mais les faits sont têtus. Sans pétrole vénézuélien — leur bouée de sauvetage — les centrales électriques tournent au ralenti. Et les Cubains trinquent.

La débrouille ne suffit plus

Six black-out majeurs en dix-huit mois. Les hôtels ferment. Les bus restent au dépôt. "On revient à l'âge des bougies", soupire Guillaume Ascari, correspondant sur place. Les réfrigérateurs ? Devenus inutiles. Les Cubains stockent désormais des conserves — quand ils en trouvent.

Pourtant, Raúl Castro avait tenté le pari du privé. 218 métiers ouverts à l'entrepreneuriat en 2010. Trop peu, trop tard. L'unification monétaire de 2021 ? Un coup d'épée dans l'eau. Le dollar américain a repris ses droits, envoyé par la diaspora. Ironie du sort : c'est Washington qui nourrit désormais l'économie parallèle.

L'aide internationale, goutte d'eau dans l'océan

5 tonnes de médicaments arrivées mercredi. Des convois humanitaires qui s'organisent. "Des pansements sur une jambe de bois", grince Ascari. La France, pourtant engagée sous Hollande, regarde ailleurs. Obama avait rouvert l'ambassade américaine en 2015. Aujourd'hui ? Les portes se referment.

Et pourtant. Dans les rues de La Havane, un sentiment partagé : "Trump est un salaud, mais c'est notre seul espoir." La population se déchire — entre fidèles du régime et opposants exaspérés. Mais sur un point, tout le monde s'accorde : ça ne peut plus durer.

Rubio, l'homme qui voulait saigner Cuba

Originaire de Miami, Marco Rubio mène une croisade personnelle. Depuis son entrée au Sénat en 2011, il n'a qu'une obsession : faire plier La Havane. Sa méthode ? L'asphyxie économique. "Il joue avec le feu", prévient Christophe. Les chiffres lui donnent raison : le tourisme s'est effondré de 60% depuis janvier.

La diaspora cubaine tente de réagir. L'AVAD propose des investissements privés. Symbolique. Comme ces 3 tonnes d'aide qui arrivent péniblement — alors qu'avant l'embargo, Cuba importait 100 000 barils par jour.

Et maintenant ?

Raúl Castro tire les ficelles à 95 ans. Díaz-Canel, son pâle successeur, navigue à vue. À Washington, personne ne fléchit. Entre les deux, 9,6 millions de Cubains pris en étau.

Une seule certitude : quand les lumières s'éteignent à La Havane, ce ne sont pas les dirigeants qui cherchent des bougies. La question reste posée — jusqu'à quand ?

Par la rédaction de Le Dossier

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