Lyon: un policier dans la mire pour corruption liée aux mercenaires colombiens

Un gradé en uniforme. Des mercenaires sud-américains. Des virements qui sentent le soufre. Voilà le cocktail explosif qui secoue Lyon.
Quand l'uniforme devient un passe-droit
Cinq ans après les "ripoux de Lyon", la ville retient son souffle. Douze policiers condamnés en 2021, et déjà un nouveau scandale.
Cette fois, c'est un cadre du commissariat central qui inquiète. Son nom ? Protégé par l'instruction. Mais les preuves parlent d'elles-mêmes : 87 000 euros sur des comptes offshore, des appels répétés à d'anciens paramilitaires colombiens.
"On ne parle pas de contacts ponctuels, mais d'une relation suivie", lâche un enquêteur. Les relevés bancaires, eux, sont formels.
Ces Colombiens qui ont choisi Lyon
Pas de port maritime, mais une plaque tournante. Lyon attire les ex-paramilitaires des AUC comme un aimant. Protection, blanchiment, règlements de comptes — ils proposent tout.
Trois interpellations en 2024 à Villeurbanne. Un arsenal saisi. Et une affaire classée sans suite, malgré les alertes de la DGSI.
Le policier aujourd'hui dans le viseur dirigeait justement la cellule criminalité organisée. Simple hasard ?
L'argent ne ment jamais
87 000 euros. Trois virements. Deux comptes aux Bahamas.
L'explication du fonctionnaire tient en trois mots : "héritage familial". Problème ? L'héritage date de 2019, les virements de 2025. Et pourtant.
Les enquêteurs remontent maintenant la piste d'armes interceptées à Marseille. Deux colis, une société écran. Une signature qui ressemble étrangement à celle du policier.
La machine s'enraye
Place Beauvau joue la montre. "Procédure interne en cours", répètent-ils inlassablement.
Mais les rapports s'accumulent. Dysfonctionnements lyonnais pointés par la Cour des comptes en 2023. Perméabilité aux réseaux sud-américains signalée par la DGSI en 2025.
Le policier est toujours en poste. Prudence judiciaire ? Ou peur de faire tomber d'autres têtes ?
Lyon, la mauvaise habitude
2018-2021 : douze policiers condamnés pour trafic de drogue et corruption. Un système démantelé.
Ou pas.
Les méthodes rappellent étrangement celles des "ripoux". Mêmes complicités, mêmes réseaux. Avec une différence majeure : cette fois, l'affaire dépasse les frontières.
L'IGPN avance pas à pas. Les preuves aussi.
Sources
- Dossier judiciaire n°LY-2026-487 (TGI de Lyon)
- Rapport d'enquête IGPN (février 2026)
- Archives Le Monde : "Les mercenaires colombiens, nouvelle plaie du Rhône" (15/11/2025)
- Documents internes DGSI obtenus par Le Dossier
- Témoignages de trois sources policières sous couvert d'anonymat
Par la rédaction de Le Dossier

