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Lyon 6e : la pétition des commerçants qui dénonce l'angle mort de la sécurité

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-08-10
Illustration: Lyon 6e : la pétition des commerçants qui dénonce l'angle mort de la sécurité
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Trente euros. C’est le butin des cambrioleurs, un soir de juin, dans une boucherie du 6e arrondissement de Lyon. Les réparations, elles, flambent à 3 000 euros. Une minute trente pour fracturer la porte, vider le fond de caisse, et laisser un commerçant exaspéré. Depuis, Benjamin Hug‑Pierrin Gaillo a lancé une pétition. Avec d’autres commerçants du quartier, il dénonce l’absence de patrouilles et de vidéosurveillance. La mairie de Lyon répond par des chiffres. Eux, par des faits.

L’accroche

Le 18 juin 2025, 1 h 35 du matin. Des individus entrent dans une boucherie. Ils repartent avec 30 €. Les dégâts ? Cent fois plus. La porte est hors d’usage. Le moral du commerçant aussi.

Benjamin Hug‑Pierrin Gaillo, co‑gérant, raconte : « Ils ont mis une minute trente pour voler 30 euros de fond de caisse. Mais les réparations, je les chiffre à 3 000 euros. » Le lendemain, il lance une pétition. D’autres commerçants se reconnaissent. Un restaurateur, lui, a échappé de peu à une tentative d’intrusion. Sa caméra a filmé un homme sortant un pied‑de‑biche.

Pourquoi cette pétition ? « Pour faire un signal d’alerte aux autorités, à monsieur Doucet, explique Benjamin. Pour mettre en place des caméras de vidéosurveillance, des patrouilles de police. » Le constat ? Simple. Ils ne se sentent plus protégés.

Les faits

Ce cambriolage n’est pas un cas isolé. Selon Benjamin, plusieurs commerçants du secteur ont subi le même sort ces derniers mois. Certains ont perdu des « fil d’affaires qui sont énormes ». Dégâts matériels, stress, perte de confiance — le tableau est sombre.

La pétition, lancée par le boucher et sa conjointe, a rapidement recueilli des signatures. « Si personne ne fait rien, ça va continuer, continuer », prévient‑il. Eux ne demandent pas l’impossible : des patrouilles régulières, des caméras aux endroits stratégiques, une police de proximité qui existe encore.

Contactée par BFM TV, la préfecture du Rhône assure avoir pris des mesures. « Le préfet a demandé de renforcer la prévention des cambriolages, notamment dans ce secteur via des patrouilles et le réseau de vidéoprotection de la ville. » Une réunion a eu lieu la semaine précédant le reportage. Le préfet a promis des patrouilles renforcées.

Mais sur le terrain, le constat diffère. « Depuis qu’on est arrivé en septembre, j’ai dû voir trois à quatre patrouilles de police », déplore Benjamin. « J’arrive à 3 h 30, 4 h du matin. La nuit, c’est l’heure propice pour les cambriolages. Je ne vois aucune patrouille. » Il ajoute : « Avant de rentrer dans mon établissement, je fais le tour du secteur pour ne pas me faire agresser. »

Selon le service statistique du ministère de l’Intérieur, les cambriolages de locaux commerciaux sont en baisse au niveau national : 61 300 en 2025 contre 65 000 en 2022. Dans le Rhône, la préfecture annonce une baisse de 10 % en 2025. Et la tendance se poursuit en 2026.

Problème : les commerçants du 6e ne reconnaissent pas cette réalité. « On n’est pas les seuls commerçants dans le 6e arrondissement, ni dans tout Lyon, à avoir été cambriolés », insiste Benjamin. « C’est quelque chose qui devient la norme. Ce n’est pas normal. »

Le contexte

Le 6e arrondissement de Lyon est un quartier historiquement privilégié. Résidences cossues, commerces de bouche, rues arborées. Mais depuis quelques mois, les commerçants constatent une dégradation. « C’était un quartier très privilégié avant, regrette Benjamin. Malheureusement, de plus en plus, c’est grave. »

La mairie, elle, brandit ses chiffres. Avec 665 caméras de vidéosurveillance en 2026, Lyon est la deuxième ville de France la plus équipée, derrière Nice. En 2020, il y en avait 571. Soit une augmentation de près de 100 caméras en six ans. Les effectifs de la police municipale sont passés de 300 à 327 agents. L’objectif affiché par Grégory Doucet : 400 policiers municipaux d’ici la fin de son mandat.

Sauf que ces chiffres, sur le terrain, ça ne colle pas. « 650 caméras pour protéger 500 000 habitants, c’est trop peu », rétorque Samuel Soulier, maire adjoint Horizons du 6e arrondissement. « À titre de comparaison, le stade de foot de Lyon a 400 caméras pour accueillir 58 000 personnes. » Le maire adjoint dénonce un déséquilibre : les caméras sont concentrées sur le centre‑ville et les quartiers sensibles. Le 6e, considéré comme « tranquille », est négligé.

« Du coup, ça devient un terrain de jeu pour les voleurs et les agresseurs », conclut Samuel Soulier. Les commerçants, eux, ne décolèrent pas. « Lors de notre cambriolage, les policiers venus relever les empreintes ont appelé le poste de police pour savoir s’il y avait des caméras dans le secteur. On leur a répondu non », raconte Benjamin. « Nous, on a un système de vidéosurveillance privé. On a dû faire des dépôts de plainte pour les assurances. Mais on n’a pas encore été recontactés pour fournir les images. C’est très long, très fastidieux. »

Le traitement judiciaire

Le dépôt de plainte ? Un vrai sujet sensible. « Pour autant, nous n’avons pas assez de dépôts de plainte », reconnaît un responsable de la préfecture dans le reportage de BFM TV. « Nous avons des administrés qui sont découragés par le dépôt de plainte. Il faut les encourager et surtout ne pas arriver à une normalisation de la délinquance. »

Benjamin confirme, amer : « Ça fait déjà deux mois que ça dure. On a envie d’abandonner. » Le découragement est palpable. Les patrouilles promises ? « Je ne les vois pas », répète le boucher.

Les effectifs, justement. C’est central. Samuel Soulier le reconnaît : « La police municipale, par exemple, vous disiez 330 policiers. Normalement, c’était 360 policiers municipaux qu’il devait y avoir sur la ville. On n’arrive déjà pas à occuper les postes vacants. » Et d’ajouter : « Ensuite, ça dépend quel type de policiers municipaux on recrute. Si c’est pour recruter des agents qui restent dans des bureaux et qui ne sont pas sur le terrain, ce n’est pas efficace. »

Le maire adjoint réclame un « équilibre des patrouilles » et une « territorialisation » de la police municipale. « Quand les policiers municipaux sont affectés dans le 6e, qu’ils restent dans le 6e. » Une demande simple — mais qui semble difficile à satisfaire.

Ce que ça dit de la France

Cette pétition de commerçants lyonnais dépasse le simple fait divers. Elle révèle un décalage persistant entre les attentes sécuritaires locales et les moyens alloués par les politiques publiques de proximité.

D’un côté, la mairie de Lyon défend son bilan. Chiffres à l’appui. 665 caméras, 327 policiers municipaux, une baisse

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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