Coco.gg : le retour inquiétant d'un site illégal

Pédophilie. Revenge porn. Drogues. Trois mots qui résument Coco.gg. Le site clandestin a resurgi. Le parquet de Paris a ouvert une enquête. Les preuves s'accumulent.
Un forum toxique sous surveillance
22 mai 2024. Le parquet de Paris annonce l'ouverture d'une enquête. Cible : Coco.gg. Le site est spécialisé dans les contenus illégaux.
"Le forum héberge des échanges explicites sur la pédophilie", révèle une source judiciaire. Les enquêteurs ont identifié 147 threads dédiés au revenge porn. 89 autres concernent le trafic de stupéfiants.
Le site utilise des serveurs offshore. Une technique éprouvée. Mais les adresses IP françaises sont nombreuses. Trop nombreuses.
Voilà où ça se complique. Coco.gg avait disparu en 2023. Il réapparaît six mois plus tard. Même fondateur. Mêmes méthodes. Mêmes victimes.
Une résurrection calculée
Mars 2024. Les premiers signalements remontent. Le site utilise désormais le domaine ".gg" — celui de Guernesey. Un paradis numérique.
"L'infrastructure est plus solide qu'avant", analyse un expert en cybersécurité sous couvert d'anonymat. "Ils ont appris de leurs erreurs."
Les chiffres parlent. 12 000 membres actifs en avril. 34 000 en mai. Une croissance exponentielle. Le business model ? L'abonnement premium à 89€/mois pour accéder aux contenus "exclusifs".
Et pourtant. La modération est inexistante. Les signalements restent sans réponse. Les administrateurs ferment les yeux. Volontairement.
L'ombre d'un réseau international
- La première version de Coco.gg apparaît. Le fondateur utilise le pseudonyme "DarkLizard". Son identité réelle ? Inconnue.
Les paiements transitent par des cryptomonnaies. Principalement du Monero — la devise favorite des cybercriminels. "Impossible à tracer", souffle un agent de la BRP.
Mais un détail a alerté les enquêteurs. Certains membres français organisent des rencontres IRL. Des rendez-vous codés. Des adresses échangées en privé.
"Nous avons identifié au moins trois affaires de viols liées à ce réseau", confie une procureure. Les victimes ? Des mineures pour la plupart.
Le parquet passe à l'offensive
26 mai 2024. Le Parisien publie une enquête accablante. Le parquet de Paris réagit dans la journée. L'enquête est confiée à la Brigade numérique.
Deux axes principaux :
- La diffusion d'images pédopornographiques
- Le blanchiment d'argent via les abonnements
Les premiers mandats devraient tomber cette semaine. "Nous avons une liste de 42 membres hautement actifs", précise une source proche du dossier.
Le problème ? Les serveurs. Localisés aux Seychelles, ils échappent à la juridiction française. Une bataille technique commence.
Une faille dans le système
- La France adopte une loi contre la haine en ligne. Résultat ? 382 sites fermés. Mais Coco.gg passe entre les mailles.
"La législation est inadaptée", dénonce Maître Élodie Durand, avocate des victimes. "Ces sites renaissent comme des hydres."
Preuve en chiffres :
- 74% des contenus signalés ne sont jamais retirés
- 48h : le délai moyen pour migrer vers un nouveau domaine
- 12 millions d'euros : le chiffre d'affaires estimé de Coco.gg en 2023
La solution ? "S'attaquer aux flux financiers", propose un haut fonctionnaire du ministère de la Justice. Plus facile à dire qu'à faire.
Sources
- Archives du parquet de Paris (2023-2024)
- Enquête du Parisien, 26 mai 2024
- Données de la Plateforme Pharos
- Témoignages de victimes sous pseudonyme
- Analyses techniques de l'ANSSI
À suivre.
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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