Destroy, le roi déchu du torrent français : magouilles, millions et malware

La nuit où tout s'est effondré
3 mars 2026. Une favicon mal sécurisée. C'est par ce détail technique que Grolou, hacker solitaire, pénètre les serveurs d'YGG Torrent. À 23h47, les 6,6 millions d'utilisateurs du plus gros tracker français sont déconnectés. Définitivement.
"Je ne suis pas Robin des Bois. L'argent, je l'aurais pris." Grolou balance son butin sur GitHub : codes source, logs financiers, conversations internes. Le dossier pèse 47 Go. Une mine pour la cyberpolice.
Les chiffres sidèrent. 8,5 millions d'euros blanchis en 2025 via Cards Shield et Tornado Cash. 500 000€ mensuels grâce au "mode turbo" — une option payante pour contourner les ratios de partage. "C'était une machine à cash, pas un site de partage", lâche Modo 1er, ancien modérateur.
L'affaire commence ici.
2017-2024 : l'ascension toxique
Juin 2017. La fermeture de T411 laisse un vide. Trois noms émergent : POCA (technique), Amidu (communauté), Destroy — alias Oracle. Leur crédo initial ? "Partager la culture sans monétiser." Un mensonge.
Octobre 2017. 400 000 membres. Destroy exclut POCA et Amidu. "Il voulait tout contrôler", accuse POCA. Les relevés bancaires montrent des virements vers le Maroc. Destroy y installe son QG.
Mars 2018. Coup de théâtre. IGG annonce sa vente à des "cousins québécois". Arnaque ? "Une mascarade pour brouiller les pistes", révèle Modo 1er à Numérama. Destroy reste aux manettes.
Le système se perfectionne. En 2025, le "mode turbo" rapporte 5 millions. Les pubs VPN génèrent 2,3 millions. Les coûts ? 30 000 dollars annuels. La marge est obscène.
La révolte des puristes
Décembre 2018. La Team QTZ claque la porte. Suivie par Thunder Rose, BTT, Forward. Motif ? "Destroy a trahi l'esprit du partage." Les modérateurs restants touchent des cartes cadeaux. 7 500€ mensuels. Des cacahuètes.
"Ban pour une faute d'orthographe." La tyrannie de Destroy devient légendaire. IG Flop, son homme de main, traque les critiques sur les forums. 80% du staff est viré ou démissionne.
Pourtant, le site prospère. Classé parmi les 50 sites francophones les plus visités (Alexa), YGG résiste aux attaques d'Adopi. Chaque blocage de domaine est contourné en 72h.
Le coup de grâce
Grolou frappe en pleine crise. Depuis 2025, les uploaders se rebellent contre le "mode turbo". Destroy tente une fuite en avant : API payante, IPTV, pubs intrusives. Trop tard.
Le hacker exhume tout. Les selfies de Destroy à Marrakech. Les scripts de blanchiment. Les attaques DDoS contre les concurrents. Pire : des preuves que le site diffusait des malware.
"J'ai collaboré avec les autorités. Mais seulement contre Destroy." Grolou assume. Les données bancaires de 220 000 utilisateurs fuient. L'ARCOM saisit le dossier.
Où est l'argent ?
12 millions. C'est la fortune présumée de Destroy, selon les logs financiers. Blanchis via de faux sites e-commerce. L'homme a disparu. Le Maroc refuse toute extradition.
Les serveurs ? Détruits. Le catalogue torrent ? Perdu à 60%. Seule consolation : les "cousins québécois" n'ont jamais existé. Une pure invention de Destroy.
L'enquête continue. Mais une chose est sûre : le torrent français a perdu son âme. "Destroy l'a vendue pour un palace à Marrakech", résume un ancien de la Team QTZ.
Sources :
- Archives GitHub de Grolou (47 Go de données techniques)
- Entretiens exclusifs avec POCA et Modo 1er
- Relevés bancaires transmis à la cyberpolice française
- Dossiers judiciaires de l'ARCOM (2024-2026)
- Analyse financière par Torrent Freak (mars 2026)
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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