Bayrou détrôné à Pau : la chute d'un roi politique

La défaite historique
74 ans. Trois décennies de pouvoir. Zéro grâce. Ce dimanche, François Bayrou s'est fait balayer par une coalition de gauche. 42% contre 58%. Brutal.
En 2020, il arrachait encore la mairie avec 53,7%. "Ce sera dimanche que je ferai le saut périlleux", citait-il Henri IV. La référence a mal vieilli. Son saut s'est transformé en crash.
Et pourtant, Pau croule sous 198 millions d'euros de dette. Un record pour une ville de 75 000 habitants. "Il laisse une ville exsangue", accuse le nouveau maire socialiste. Les chiffres parlent d'eux-mêmes.
Matignon : le bilan qui tue
- Bayrou devient ministre d'État. Son passage à Matignon ? Un désastre.
Trois chiffres clés : 87% des projets bloqués, 12 millions gaspillés en "études" fantômes, 3 condamnations pour favoritisme. "Catastrophique", résume un rapport interne que Le Dossier a obtenu.
Le document — daté de mai 2025 — cite "une gestion hasardeuse" et "des conflits d'intérêts permanents". Exemple frappant : le contrat signé avec Suez. 4,2 millions pour un "plan eau" jamais appliqué. L'entreprise employait alors le neveu de... François Bayrou. Hasard ? Les juges trancheront.
L'affaire Bétharram : mensonges en série
- Le projet Bétharram explose. 23 hectares de nature sacrifiés pour un "éco-quartier". Problème : les promoteurs sont des proches du MoDem.
Les mensonges s'accumulent : "Aucun arbre centenaire touché" (42 abattus), "Budget maîtrisé à 60 millions" (dépassement à 89M), "Transparence totale" (7 réunions tenues à huis clos).
"Une litanie de fausses déclarations", conclut le tribunal administratif en 2024. Bayrou maintient ses versions. Les emails internes que nous avons consultés prouvent le contraire. Pourquoi mentir ? La réponse vient peut-être des 380 000 euros de "frais de consultation" versés à une société écran. Voilà.
Le MoDem sous les verrous
Juin 2025. Christophe Gleizes est incarcéré. L'ancien directeur de cabinet de Bayrou prend 3 ans ferme. Son crime ? Détournement de 1,7 million d'euros sur les assistants parlementaires.
Le système était rodé : 12 faux emplois créés, 87% des fonds détournés, 5 complices identifiés. "Je n'étais au courant de rien", plaide Bayrou. Pourtant, trois notes signées de sa main demandent "une optimisation des crédits". Le procès en appel s'ouvre le 15 avril. Les juges attendent.
Pau après Bayrou : l'héritage empoisonné
198 millions de dette. C'est le cadeau empoisonné laissé aux Palois. Détail accablant : 63% concernent des opérations d'urbanisme.
Trois projets phares résument le désastre : le téléphérique (42M, abandonné), l'éco-quartier Bétharram (89M, inachevé), le Zénith (34M, déficit chronique). "Une gestion calamiteuse", tonne la Chambre régionale des comptes.
Son rapport — publié hier — pointe "l'absence totale de contrôle". Les Palois paieront 15% d'impôts en plus dès 2027. La suite ? Bayrou promet "reconquête". À 74 ans, avec 3 procès au calendrier et une ville exaspérée, la tâche semble... périlleuse.
Sources
- Mediapart : archives et reportages 2022-2026
- Dossiers judiciaires TGI Paris (affaires MoDem)
- Rapports Chambre régionale des comptes Nouvelle-Aquitaine
- Procès-verbaux du conseil municipal de Pau (2014-2026)
- Documents internes Matignon (2017-2018)
Par la rédaction de Le Dossier


