Geran-2 : le drone russe qui teste les nerfs de l'OTAN

Le Telegraph révèle, sur la base de renseignements britanniques et américains, que la Russie a installé une soixantaine de rampes de lancement de drones de haute technologie. Où ? En Ukraine occupée, en Russie et près de la frontière biélorusse.
Ces rampes ne sont pas un simple déploiement. Elles visent à répliquer aux attaques massives de drones ukrainiens sur le territoire russe. Mais surtout — et c'est le cœur de l'enquête — Moscou teste les capacités de défense de l'OTAN. Il teste aussi la cohésion de ses États-majors. Une guerre hybride, en somme.
Des rampes aux portes de l'Alliance
Les drones russes Geran sont des versions améliorées des Shahed iraniens. Leur portée ? Jusqu'à 1 000 kilomètres. De quoi atteindre — potentiellement — des cibles dans les pays baltes ou en Pologne. L'état-major britannique juge toutefois que l'OTAN reste hors de portée de ces engins. Pour l'instant.
Et pourtant, la pression psychologique est bien réelle. D'autant que la guerre de drones n'est pas seulement militaire : elle a une dimension économique, comme le souligne l'enquête.
Une guerre économique aussi
Les frappes ukrainiennes ne visent pas que des sites militaires. L'entreprise russe Wildberries, l'une des plus grandes plateformes de e-commerce, est affectée. Elle est endettée auprès de la deuxième banque du pays. Résultat : des chaînes logistiques perturbées, une économie sous tension. Voilà le véritable champ de bataille des drones longue portée.
« La guerre est décrite comme une guerre de drones de moyenne et longue portée, avec une dimension économique », résume la source du Telegraph. Les Geran-2 servent autant à frapper qu'à épuiser.
L'impasse et l'escalade
Sur la ligne de front, les armées s'enlisent. Les gains territoriaux sont marginaux. En revanche, les frappes à distance s'intensifient de part et d'autre. Le maire de Moscou, Sobianine, a dénombré 620 drones ukrainiens au-dessus de la région de Moscou en une seule vague. Un chiffre qui donne le vertige.
Le journaliste et écrivain Olivier Weber, qui a observé la situation sur place, confirme cette tendance : « Les deux camps cherchent à déstabiliser l'arrière ennemi. Les drones sont devenus l'arme de la guerre d'usure. »
Alors, l'OTAN peut-elle rester spectatrice ? Les rampes sont en place. Les tests, eux, continuent.
Sources : enquête du The Telegraph (renseignements britanniques et du Pentagone), déclaration du maire de Moscou Sobianine, observations d'Olivier Weber.
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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