Crépol : la justice retient le racisme anti-Blanc — une décision qui trouble

Nuit de novembre
C'était une nuit de novembre. La fête battait son plein à Crépol, dans la Drôme. Deux groupes de jeunes se toisent. D'un côté, des rugbymen locaux. De l'autre, des adolescents venus du quartier de la Monnaie à Romans-sur-Isère, une vingtaine de kilomètres plus loin. Selon l'enquête de gendarmerie — qui a auditionné 104 témoins —, l'altercation dégénère. Un rugbyman provoque verbalement un jeune de Romans. La bagarre éclate. Plusieurs jeunes sortent des couteaux.
Thomas Perotto, 16 ans, est mortellement poignardé. Treize autres personnes sont blessées.
Un drame absolu. Personne n'en conteste la gravité.
Ce qui fait débat, en revanche, c'est le récit construit autour de cette affaire. Immédiatement, l'extrême droite s'en empare. Selon la source, Éric Zemmour parle de « francoïde » et de « djihad du quotidien ». Marine Le Pen évoque une « razzia menée par des milices armées ». Marion Maréchal annonce une « guerre ethnique ». Laurent Wauquiez dénonce un « racisme antifrançais ».
Pendant des mois, la fachosphère entretient l'idée d'une expédition punitive préméditée. L'affaire monte jusqu'à l'Assemblée nationale.
Que disent vraiment les investigations ?
D'après les gendarmes, tout indique que les jeunes de Romans étaient venus passer une soirée festive, pas pour en découdre. L'hypothèse d'une attaque préméditée est écartée.
Reste la question du mobile raciste. Selon les éléments de l'enquête, seulement neuf témoins sur 104 rapportent avoir entendu des propos hostiles aux personnes blanches. Et encore : les gendarmes eux-mêmes qualifient plusieurs de ces témoignages de « contradictoires », « évolutifs », voire « fragiles ».
À l'inverse, un autre élément est moins commenté. Une témoin originaire du village raconte qu'un rugbyman avait déclaré au cours de la soirée : « J'ai envie de taper des boules ». Le même rugbyman serait à l'origine des hostilités, après avoir provoqué verbalement un jeune de Romans. Sur cette piste, les enquêteurs n'ont jamais retenu un quelconque mobile raciste.
Un rebondissement judiciaire tardif
Deux ans plus tard, la justice surprend. Elle retient la circonstance aggravante de racisme. Motif : les faits auraient été commis en raison de l'appartenance des victimes à une « prétendue race blanche et à la nation française ».
Le parquet, lui, n'avait pas demandé cette qualification. Il avait déjà requis le renvoi de onze mis en cause devant la cour d'assises pour homicide et tentative d'homicide, abandonnant même la qualification de bande organisée. La circonstance de racisme arrive tardivement, alors que le dossier semblait juridiquement verrouillé.
Selon la source, cette décision fait jubiler l'extrême droite. Mais elle soulève une question : pourquoi cette affaire bénéficie-t-elle d'un traitement que d'autres, aux mobiles racistes pourtant bien plus explicites, n'ont jamais obtenu ?
Regardons ailleurs
Prenons l'affaire Jamel Ben Jebara, en août 2024, près de Dunkerque. Ce père de famille de 43 ans est volontairement écrasé à deux reprises par une voiture sous les yeux de sa fille de 9 ans. Son meurtrier est un militant néonazi connu, déjà visé par des plaintes pour insultes racistes (« Bougnoule », « Sarasin »). Il possédait un arsenal d'armes à feu et appartenait à une milice islamophobe. Malgré cela, la justice n'a pas retenu la circonstance aggravante de racisme.
En novembre 2023, dans le Val-de-Marne, Mourad, un jardinier franco-algérien, est insulté de « Bougnoule » avant d'être attaqué au cutter. La lame lui entaille le cou, frôle la carotide. La scène est filmée. Le parquet ne retient ni tentative d'homicide à caractère raciste, ni circonstance aggravante.
Mahamadou Issé, tué d'un coup de fusil à Charleville-Mézières par un voisin connu pour ses propos racistes ? Pas de circonstance aggravante. Une adolescente de 13 ans blessée par balle à Évreux par un homme qui expliquait vouloir « rendre hommage à l'auteur de l'attentat raciste contre les Kurdes » et dénoncer « l'africanisation de la France » ? Pas de circonstance aggravante non plus.
Chaque affaire est différente, bien sûr. Mais le contraste est saisissant. D'un côté, des insultes racistes explicites, des antécédents, des revendications idéologiques — et la justice passe. De l'autre, à Crépol, des témoignages fragiles, un parquet qui ne demandait pas cette qualification, et pourtant elle est retenue.
Pour comprendre, il faut sortir du dossier
Cette décision intervient dans un contexte où l'extrême droite a imposé son vocabulaire. Le « racisme anti-Blanc » est devenu une arme politique.
Il y a un paradoxe dans cette décision judiciaire. Les victimes sont décrites comme visées parce qu'elles appartiendraient à la nation française. Mais la très grande majorité des jeunes mis en examen dans cette affaire sont français. En creux, cette qualification les met en marge de leur propre communauté nationale.
L'affaire Crépol n'est pas seulement une tragédie individuelle. Selon la source, c'est le miroir d'une époque où l'extrême droite n'a plus besoin d'être au pouvoir pour imposer son cadre. Ses idées ont franchi les murs des institutions.
La suite ? Un procès
Les onze mis en cause seront jugés devant la cour d'assises.
Sources :
- Le Média (YouTube) : analyse du dossier judiciaire et des témoignages.
- Enquête de gendarmerie : 104 témoins auditionnés, synthèse des témoignages.
- Parquet de la Drôme : réquisitions et qualification retenue.
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
Ne manquez aucun scandale
Recevez chaque matin les enquêtes que la France préfère oublier. Gratuit, sans spam.
Les autres épisodes de ce dossier
Voir tout le dossier →Épisode 3 · 2026-07-23
Affaire Thomas : la circonstance de racisme anti-blanc retenue par la justiceÉpisode 4 · 2026-07-29
Crépol : la justice retient le racisme anti-Blanc — une décision qui trouble


