8 millions contre Trump : le mouvement No Kings explose

3300 cortèges. 8 millions de manifestants. Une colère qui pulvérise tous les records.
Et pourtant, personne ne l'avait vu venir — pas même les services de renseignement.
Naissance d'une révolte
14 juin 2025. Donald Trump souffle ses 79 bougies. Ce même jour, 200 organisations lancent No Kings. Leur slogan ? "Les États-Unis sont une République, pas une monarchie." Brutal. Efficace.
Les documents officiels le confirment : la première marche coïncide avec l'anniversaire du président. Un pied de nez organisé. "Nous refusons toute dérive autocratique", hurlent les manifestants devant Mar-a-Lago.
Trois éditions plus tard, le mouvement a triplé. Octobre 2025 : deuxième vague. Mars 2026 : explosion. New York, Los Angeles, Chicago débordent. Mais aussi Billings, Montgomery, Fargo — ces villes que Washington ignore.
"Les organisateurs revendiquent 8 millions de participants", rapporte Christophe Dubois. La police minimise ? Peu importe. Leurs propres chiffres parlent : centaines de milliers par ville.
Visages nouveaux
Blancs. Bourgeois. Baby-boomers.
Les deux premières marches ressemblaient aux vieilles gardes démocrates. Mars 2026 change tout.
Regardez Minneapolis. La mort de George Floyd en 2020 avait mobilisé la jeunesse. Le spectre revient. "Beaucoup plus de jeunes cette fois", constate Dubois. La raison ? La guerre en Iran. Les moins de 30 ans la rejettent à 87%.
Autre changement : la géographie. 3300 cortèges partout — y compris dans l'Idaho profond. Minneapolis devient l'épicentre. La ville symbole des violences policières voit défiler 200 000 personnes. Bruce Springsteen y chante "Streets of Minneapolis", hommage aux victimes de l'ICE.
Quand les stars marchent
Robert De Niro mène le cortège new-yorkais. À ses côtés, Letitia James, procureure générale de l'État. Al Sharpton, le pasteur militant. Bernie Sanders à Minneapolis.
"Springsteen a écrit sa chanson après la mort de René Gou et Alex Pretty", rappelle Dubois. Deux citoyens tués par la police de l'immigration. L'artiste rejoint la foule. Comme en 2020, les célébrités donnent de la voix.
Mais cette fois, elles ne portent plus seules le mouvement. Syndicalistes, ouvriers, minorités — la base élargit la coalition.
Deux colères qui fusionnent
"Chacun apporte son combat", résume Dubois. Deux thèmes dominent.
La chasse aux migrants d'abord. En 2024, Trump promet "la plus grande opération d'expulsion de l'histoire". Kristi Noem, secrétaire à la Sécurité intérieure, lance l'offensive. Échec cuisant. Virée en 2025, remplacée par le sénateur Meline. "Il conseille désormais le silence", glisse le reporter.
Deuxième motif : l'Iran. "Les moins de 30 ans sont vent debout", analyse Dubois. Leur mobilisation change la donne.
Démocrates : le piège
8 millions de manifestants. Une aubaine pour l'opposition ? En théorie.
"Donald Trump est le président le plus impopulaire depuis l'invention des sondages", martèle Dubois. Pourtant, les démocrates ne trustent que 5 points d'avance. Pourquoi ? "La deuxième institution la plus impopulaire, c'est... le Parti démocrate."
Ironie du sort : la base démocrate critique ses propres dirigeants. "Ils sont remontés contre leur parti", confirme Dubois. Résultat : des primaires explosives. Graham Plater, apiculteur du Maine, défie la gouverneure centriste. James Talarico, syndicaliste texan, perce.
"Des nouvelles figures émergent", observe Dubois. Loin des cercles du pouvoir. Leur arme ? Le "populisme" à l'américaine — terme positif là-bas.
Midterms : le test
Novembre 2026 approche. Les No Kings préfigurent-ils un raz-de-marée ?
L'histoire suggère oui. En 2018, les démocrates avaient gagné 41 sièges avec 9 points d'avance. Aujourd'hui ? Seulement 5. "La défiance est générale", résume Dubois.
Pourtant, des signaux existent. La semaine dernière, victoire démocrate dans un district républicain. Celui de Mar-a-Lago, résidence de Trump. "Personne ne l'avait prédit", concède le reporter.
L'équation reste complexe. Trump impopulaire. Les démocrates aussi. Mais une certitude : la rue américaine ne lâche rien.
Sources :
- Christophe Dubois, grand reporter à l'Humanité
- Données des forces de l'ordre américaines
- Archives des manifestations No Kings (2025-2026)
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
Ne manquez aucun scandale
Recevez chaque matin les enquêtes que la France préfère oublier. Gratuit, sans spam.
Les autres épisodes de ce dossier
Voir tout le dossier →Épisode 5 · 2026-03-31
8 millions contre Trump : le mouvement No Kings explose

